Archives de catégorie : Romans ado-adultes

Les sirènes de Emilia Hart

« Lucy fuit. Le mal qu’elle a fait, et celui qu’on lui a fait. Elle part se réfugier auprès de la seule personne capable de la comprendre : sa soeur, Jess. Mais lorsque Lucy arrive dans sa maison délabrée, perchée au sommet d’une falaise battue par les vents, elle ne trouve personne. Où est passée Jess ? Lucy se retrouve seule dans une ville côtière où rumeurs et légendes vont bon train. Au gré de ses rencontres, elle découvre les récits d’hommes disparus dans des circonstances mystérieuses et d’un bébé trouvé dans une grotte. Surtout, elle commence à entendre des voix de femmes qui murmurent sur l’écume des vagues. »

Laissez-vous envoûter par le chant féministe des sirènes d’Emilia Hart. Des récits de femmes entremêlés tissant une sororité intemporelle. Un secret de famille refaisant surface, prêt à bouleverser le destin de Lucy et faire vaciller les certitudes.

Une recommandation de Léa

Vous trouverez ce roman dans notre rayon Ados-adultes à la cote HART (blanc).

Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea

Lauréat du prestigieux prix Goncourt en 2023 « Veiller sur elle » de Jean-Baptiste Andrea est une fresque romanesque qui nous transporte dans l’Italie du XXe siècle. Le récit suit Mimo Vitaliani, un sculpteur de talent, et son amitié profonde avec Viola, une jeune aristocrate issue d’une puissante famille d’un village italien. ​Orphelin de père et envoyé en Italie à l’âge de 12 ans, Mimo est confronté à une vie difficile aux côtés de son oncle, piètre sculpteur et, de surcroit, alcoolique. Sa rencontre avec Viola, une jeune femme singulière, éprise de liberté et d’apprentissage, bouleverse son existence. Ensemble, ils traversent les tumultes de l’histoire italienne, (de la Première Guerre mondiale à la montée du fascisme) tout en poursuivant leurs aspirations artistiques et personnelles. ​

Jean-Baptiste Andrea dépeint avec finesse les paysages italiens, des collines de Ligurie aux villes de Florence et Rome, en y intégrant des références subtiles à l’art italien. Le roman explore des thèmes universels tels que l’amitié, la quête de liberté, la tolérance et l’intolérance ainsi que la passion pour l’art. La relation entre Mimo et Viola est marquée par leur différence de statut social et les conventions de l’époque. L’auteur, jongle avec habileté entre ellipses narratives et retours en arrière, ce qui nous laisse tout le loisir d’imaginer les tribulations des personnages entre deux moments de lecture.

« Veiller sur elle » est une œuvre magistrale qui allie une narration riche à une exploration sensible des émotions humaines, confirmant le talent de Jean-Baptiste Andrea pour créer des histoires captivantes et émouvantes.

Une recommandation de Fanny

Vous trouverez ce titre dans notre rayon Romans ado-adultes à la cote ANDR (blanc)

Le temps d’après de Jean Hegland

Suite du roman Dans la forêt, un immense coup de cœur personnel lors de ma lecture, il me tardait de découvrir la suite des aventures d’Eva et Nell, deux sœurs qui, après l’effondrement de la société dans laquelle elles vivaient, ont choisi de s’installer en pleine nature.

À la fin du premier roman, Eva donnait naissance à un fils, Burl, au creux d’une souche d’un immense séquoia. Dans Le temps d’après, Burl a bien grandi et vit désormais en douce harmonie avec la nature aux côtés de ses mères. Leur quotidien est rythmé par la chasse, la cueillette, mais aussi par la danse, la musique et les récits qui nourrissent leur imaginaire.

Dans un début de récit contemplatif, Burl, devenu adolescent, partage sa vision du monde à travers un langage qui lui est propre. Il évoque sa famille, qu’il nomme noutrois, ainsi que les exhalants et les inhalants qui peuplent leur maison-Forêt. Fasciné par les histoires de hobbits, les contes et les mythes transmis par ses mères, Burl ressent bientôt un appel impérieux grandir en lui : il rêve de rencontrer d’autres personnes, semblables à celles des histoires qui ont bercé son enfance.

Lors d’une nuit de solstice, il aperçoit une lumière qui pourrait être celle d’un feu d’origine humaine. Animé par une détermination nouvelle, il semble résolu à partir à la découverte de l’Autre. Mais pourquoi Eva et Nell refusent-elles obstinément tout contact avec le monde d’avant ?

L’autrice américaine a séjourné brièvement en 2019 à la fondation Jan Michalski à Montricher pour rédiger ce roman. Peut-être est-ce la raison pour laquelle la beauté des forêts jurassiennes semble un peu se retrouver dans les descriptions de ce Grand Tout.

On retrouve les thèmes chers à Jean Hegland : la puissance et l’équilibre naturel d’un monde où la nature n’a pas besoin des humains pour prospérer, ainsi qu’une ode aux récits oraux.

D’abord troublée par le langage singulier de Burl et quelques longueurs narratives, j’ai néanmoins été, une fois de plus, envoûtée par la beauté de l’univers de Jean Hegland et le lyrisme de son écriture.

« Les histoires ne se terminent jamais vous le savez aussi bien que moi. Comme le temps ou l’eau ou ce que Nell appelait la matière, les récits s’écoulent à l’infini, se déplacent et se ramifient et s’embrouillent, se tansmorphent sans cesse en quelque chose de nouveau. Il y a toujours un événement qui arrive après, toujours un nouveau chapitre ou un nouvel incident, toujours quelques chose de plus à dire sur ce qui a déjà été dit. D’une façon ou d’une autre, les histoires continueront de vivre après nous. » Jean Hegland

Vous trouverez ce roman dans notre rayon ado-adultes à la cote HEGL (blanc)

Quand on dansait sur les toits de Tristan Koëgel

« Pablo et Mayssane sont voisins, et depuis tout petits inséparables. Gamins, ils s’imaginaient pirates navigants jusque dans les étoiles, amis pour toute la vie. Lorsqu’elle a eu 11 ans, Mayssane est tombée malade et Pablo a déployé toute son énergie pour lui faire garder le sourire. Et ça a marché ! Alors, quand des années plus tard Mayssane tombe malade une deuxième fois, Pablo pense user de la même méthode. Mais l’amour a fait place à l’amitié, l’innocence les a quitté et le jeu n’est plus celui de leur enfance… »

Un roman pour adolescent·es en lice pour le Prix RTS Littérature ado 2025 dans lequel l’auteur explore avec poésie et sensibilité les thèmes de l’amitié, de l’amour, de la maladie et de la résilience. Dans la lignée de Nos étoiles contraires de John Green.

Une recommandation de Léa

Vous trouverez ce roman dans notre rayon ado-adultes à la cote KOEG (rouge).

Un jeudi saveur chocolat de Michiko Aoyama

Dissimulé à l’ombre des cerisiers qui bordent la petite rivière du quartier, le café Marble à Tokyo ne compte que trois petites tables en bois brut. Un havre de paix où les habitués peuvent contempler le passage des saisons à travers la baie vitrée. Chaque jeudi, une mystérieuse cliente, surnommée « Chocolat Chaud » par le serveur, vient déguster sa boisson préférée et écrire de longues lettres en anglais.

Point de départ du roman, le récit de Michiko Aoyama s’ouvre ensuite sur douze chapitres et dresse douze portraits, chacun associé à une couleur. Une palette d’émotions qui célèbre les liens humains et la beauté des petits moments de la vie quotidienne.

De Tokyo à Sydney, les vies des personnages s’entremêlent, tous reliés par le mystérieux « Master », un homme qui semble rendre possible les rêves de chacun. Parmi eux, on trouve Waturu, le jeune serveur bienveillant, Asami, une brillante publicitaire complètement dépassée dans son rôle de mère, et Ena, une jeune institutrice qui cherche un sens à son travail. Des hommes et des femmes de tous âges et de toute condition sociale. 

Le café Marble devient ainsi un lieu de passage et de rencontre, où les destins se croisent et se recroisent, formant une boucle narrative qui revient toujours à son point de départ. L’écriture de l’autrice est empreinte de douceur et d’une sérénité typiquement japonaise. Michiko Aoyama décrit avec pudeur les émotions de ses personnages mus par une quête du bonheur. « Un jeudi saveur chocolat » est un roman choral réconfortant, à lire dans un cocon bien moelleux. Une parenthèse calme à déguster avec un savoureux chocolat chaud.

Une recommandation de Léa

Vous trouverez ce roman dans notre rayon ado-adultes à la cote AOYA (blanc).

L’affaire Alaska Sanders de Joel Dicker

Avril 1999. Mount Pleasant, une paisible petite bourgade du New Hampshire, est bouleversée par un meurtre. Le corps d’Alaska Sanders, arrivée depuis peu dans la ville, est retrouvé au bord d’un lac. L’enquête est rapidement bouclée, puis classée, même si sa conclusion est marquée par un nouvel épisode tragique. Mais onze ans plus tard, l’affaire rebondit. Début 2010, le sergent Perry Gahalowood, de la police d’État du New Hampshire, persuadé d’avoir élucidé le crime à l’époque, reçoit une lettre anonyme qui le trouble. Et s’il avait suivi une fausse piste ? Son ami l’écrivain Marcus Goldman, qui vient de remporter un immense succès avec La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, va lui prêter main forte pour découvrir la vérité. Les fantômes du passé vont resurgir, et parmi eux celui de Harry Quebert.

Mon avis :

Dans la continuité des deux précédents volets de la trilogie, « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » et « Le Livre des Baltimore », l’auteur suisse nous entraîne dans un voyage temporel captivant avec de multiple flash-back. Le lecteur suit l’enquête avec le personnage principal : Marcus Goldman, et ce, jusqu’au dénouement.

Le style de Joël Dicker est accessible et axé sur l’action et les rebondissements ; cela lui permet de distiller habilement des fausses pistes et nous plonge dans un suspens intenable jusqu’aux dernières pages. Du reste, ce roman peut être lu sans avoir suivi le début de la trilogie. Alors, plongez-vous dans la mystérieuse Affaire Alaska Sanders sans plus attendre !

Une recommandation de Fanny

Vous trouverez ce titre dans notre rayon Romans adultes à la cote DICK (blanc)

Les guerriers de l’hiver d’Olivier Norek

C’est l’hiver. Il fait froid. C’est la guerre.

Fin 1939, la Russie a décidé d’envahir la Finlande. Staline redoute qu’Hitler envahisse la Finlande pour mieux attaquer la Russie. Staline tente des négociations avec la Finlande pour créer une zone tampon afin de se protéger d’une éventuelle attaque allemande. Ces négociations échouent. Alors, le 30 novembre 1939, alors que l’hiver s’est réveillé, la Russie marche sur le sol finlandais pour l’envahir. Mais les Finlandais sont tenaces. Plus que prévu. Ce conflit aurait dû être bouclé en 10 jours ; il se transformera en une guerre de plus de 100 jours.

Les Russes arriveront en tenues d’été vertes, certains même en chaussures de ville. Leur équipement est totalement inadapté dans ce paysage blanc et glacial. Mais personne n’osera risquer sa vie en remettant en question les décisions des supérieurs. Les trois quarts des officiers Russes ont été exécutés sur ordre de Staline qui soupçonnait qu’on le trahisse. Alors pour cette guerre, les nouveaux officiers remplaçants manquaient cruellement de stratégie militaire et d’expérience. Si bien que malgré la supériorité numérique, la quantité d’artillerie et le matériel militaire plus avancé, la Russie va subir de lourdes défaites. Tandis que de son côté, la Finlande acquiert au fur et à mesure des victoires, sa part de légendes, d’exploits épiques, de mythes. Dont celle de Simo, dit « la Mort blanche », et de son unité.

Ce roman historique est passionnant. On y découvre l’histoire méconnue de la guerre d’Hiver. Olivier Norek nous la raconte à travers des yeux humains. On comprend les enjeux et les défis sans qu’il y ait de lourdeur. On a l’impression de vivre les événements de l’intérieur. D’être là, penché sur l’épaule du général Mannerheim face à ses dilemmes, tapis dans l’ombre avec Simo et son fusil, ou encore à se réchauffer à la lueur des braises d’un poêle du campement. L’auteur nous emporte pour aller patauger dans la boue glacée avec les soldats, nous frayer un chemin entre les tirs ennemis et trébucher sur les cadavres qui jonchent le sol. Ce roman est un voyage dans l’histoire pour remonter dans le temps, il y a presque 100 ans. Et pourtant, cette histoire raisonne d’actualité. A-t-on réellement évolué depuis ?

Une recommandation d’Aloys

Vous trouverez ce titre dans notre rayon Romans ado-adultes à la cote NORE (blanc).

Les voleurs d’innocence de Sarai Walker

Les sœurs Chapel, d’abord elles sont mariées, puis elles sont enterrées.”

Il était une fois dans les années 1950 six jeunes filles aux doux prénoms de fleurs – Aster, Rosalind, Calla, Daphne, Iris et Hazel – qui vivaient avec leurs parents dans l’opulence d’une grande bâtisse victorienne. Mais ceci n’est pas un conte de fée : c’est l’histoire de la malédiction des sœurs Chapel.
Tout commence pourtant bien : par une noce. Mais à peine est-elle mariée, que la sœur aînée meurt mystérieusement, laissant sa famille en état de choc. Puis la deuxième connaît le même sort. Quel malheur pèse sur les Chapel ? Belinda, la mère à l’esprit torturé, hantée par les fantômes, semble pouvoir prédire leur funeste destin. Mais peut-on se fier à ce qui sort de son cerveau embrumé ? Quant à Iris, la cadette, elle est bien décidée à survivre. Quitte à devoir faire un bien sombre choix.

Les Voleurs d’innocence est un roman féministe aux accents gothiques. Une histoire de sororité tragique qui m’a rappelé par certains aspects le film Virgin suicides de Sofia Coppola. Attention à l’envoûtant parfum des roses, il peut être redoutable !

Une recommandation de Léa

Vous trouverez ce titre dans notre rayon Romans ados-adultes à la cote WALK (blanc).