Une unique lueur de Fred Vargas

« – Vous avez regardé les photos, Danglard ? De la scène du crime ? demanda Adamsberg.
– Cela va de soi.
– Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui.
– Tiens. Et cela vous raconte quoi ?
– Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ?
– Aucune idée.
– Faites un effort, nom d’un chien.
– Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.
– Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.
– Comprendre quoi ?
– Mais le quelque chose, commandant. On commence par là. »

Une lectrice m’a absolument déconseillé, cette lecture, alors, intrigué, je m’y suis plongé… C’était ma première incursion dans les romans de Fred Vargas et… j’y retournerai avec grand plaisir !

Le commissaire Adamsberg est un contemplatif, un rêveur. Ses raisonnements sont souvent assez brumeux et énigmatiques pour ses collègues qui peinent à en comprendre la logique. Dans un premier temps, en tout cas.

J’ai apprécié ces passages où on se sent comme dans la tête du commissaire. Grâce à des répétitions, des phrases tronquées, mais posées au bon moment, Fred Vargas arrive à retranscrire les pensées lacunaires d’Adamsberg sans nous perdre en chemin. La trame de l’enquête se déroule petit à petit, on avance au rythme de l’équipe d’Adamsberg qui avance à tâtons, et progresse au fur et à mesure que les indices se « jonctionnent », comme dirait le commissaire.

On enquête donc aux côtés du commissaire Adamsberg et de son équipe, suite à la mise en scène d’un meurtre. Le tueur n’a laissé aucune trace, pourtant il y a comme un quelque chose qui turlupine le commissaire, sans qu’il n’arrive à dire quoi. Un élément qu’il a en sa possession, quelque part dans sa mémoire. Une pièce qui manque pour que l’enquête puisse avancer. Mais quoi ?

Il y a assez peu d’action au final, mais on est immergés dans les réflexions, les hypothèses, les déductions, de cette équipe. On gratte avec eux, on persévère, et on finit par tomber sur les morceaux manquants. Alors on s’en saisit avec eux, on tire dessus comme sur une ficelle, gentiment, et la vérité met peu à peu en lumière ce qui croyait pouvoir rester terré dans le secret. Parce qu’Adamsberg a beau être brumeux dans ses enquêtes, il est en revanche tenace et plutôt du genre à ne lâcher le morceau qu’après avoir obtenu gain de cause.

Une recommandation d’Aloys

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