Au mois de juin, les rayons en jeunesse ont été agrémentés de nouveaux albums, BD, romans et documentaires. Le dernier Mortelle Adèle, un documentaire sur le métier de pâtissier, des albums humoristiques ou pour parler de sujets sérieux, un sauvetage en altitude avec le dernier roman Graine de secouriste… Jetez un œil à nos dernières acquisitions :
Journée interminable dans la peau de Fiona, une infirmière dans un service en sous-effectif. La réalisatrice suisse Petra Volpe dénonce une réalité hospitalière cruelle avec une telle authenticité que le film ressemble à un documentaire. Une succession de plans séquences qui vous prend directement aux tripes.
Une recommandation de Léa
Vous trouverez ce film dans notre rayon Multimédia à la cote ENPR (blanc).
« A chaque vacances, nous quittions notre banlieue pour la Bretagne, le pays de mon père, celui où il était né, ainsi que son père – et le père de son père, avant lui. Le voyage débutait gare Montparnasse, sous les fresques murales de Vasarely, leurs formes hexagonales répétitives, leurs motifs cinétiques, dont les couleurs saturées s’assombrissaient au fil du temps, et dont l’instabilité visuelle voulue par l’artiste, se transformait, année après année, en incertitude. »
Lire Finistère, c’est accepter de se laisser porter par une voix qui cherche à comprendre d’où elle vient. Anne Berest poursuit son exploration des racines familiales après le succès de La Carte postale. Si ce précédent roman s’attachait à la mémoire maternelle et à l’histoire tragique de la Shoah, Finistère déplace le regard vers la branche paternelle. Le roman s’ouvre sur la découverte des cahiers du grand-père Eugène, trente ans après sa mort. Ces carnets deviennent le déclencheur d’une enquête intime et ces pages silencieuses deviennent une clé pour interroger la filiation, les transmissions invisibles et les silences qui façonnent une famille. La Bretagne, terre rugueuse et fidèle, est omniprésente ; elle est ici bien plus qu’un décor : elle devient un personnage à part entière : paysages marins, villages austères, vent du Finistère… tout semble porter la mémoire des hommes de cette lignée. Le père, Pierre, figure distante et pudique, incarne cette difficulté à dire, à transmettre autrement que par le silence.
Le roman d’Anne Berest inscrit la mémoire familiale dans le fil de l’Histoire. On y voit les débuts des coopératives agricoles et la vie précaire des ouvriers, puis la Seconde Guerre mondiale et la reconstruction d’un pays meurtri. L’ombre du général de Gaulle, sa démission, la guerre d’Algérie et les secousses de Mai 68 marquent ensuite une génération en quête de repères. Plus tard, l’arrivée du SIDA et l’affirmation des homosexuels rappellent les luttes pour la dignité et la reconnaissance, avant que le gouvernement Mitterrand n’incarne une France en mutation. Sur le plan stylistique, Berest adopte une écriture simple tout à fait adaptée à la thématique : elle épouse le silence des hommes qu’elle décrit. Le roman ne cherche pas l’effet spectaculaire ; il privilégie la délicatesse, la retenue, et une forme de sincérité brute.
Finistère est un roman qui invite à réfléchir à nos propres héritages, à ce que nous recevons sans le savoir et nous rappelle que nous sommes tous porteurs d’histoires invisibles, inscrites dans nos gestes, nos choix, nos fidélités. Une lecture intime, qui résonne longtemps après la dernière page.
Petit conseil : Pour vivre pleinement cette histoire familiale, il est recommandé de se plonger dans La carte postale et Gabriele. (Disponible en prêt à la médiathèque)
Voici la liste de nos dernières acquisitions du moment. Sur nos étagères sont arrivés les romans de Léa Ypi, Jacky Schwartzmann, Agathe Portail, Benoît Philippon, … Ces noms ne vous disent rien ? Alors c’est l’occasion de venir les découvrir !
Retrouvez la liste complète de nos nouveautés ici :
Cet été, les livres voyagent au bord du lac de Joux pour des moments suspendus. Au programme : lectures à voix haute par les bibliothécaires et sieste littéraire.
2 juillet : vers le camping du Rocheray
9 juillet : à Altitude 1004 aux Bioux avec spectacle des Contes Joyeux à 14h30 (dès 4 ans, durée 50′)
6 août : à la place de jeux de l’Abbaye
Tout public. Entre 13h30 et 16h30.
En cas de mauvais temps, l’activité se tiendra à la médiathèque.
« Une enfant, comme à son habitude, longe le lac en sautant de pierre en pierre. Elle tient dans la main un petit bateau jaune en papier. Rangé dans sa poche et tombé par mégarde, le petit bateau jaune commence une promenade nocturne sur le lac. Plusieurs rencontres l’attendent dont celle inattendue avec un pêcheur. »
Qui n’a jamais imaginé ce que deviendrait un petit bateau lâché dans le courant ? Porté par les eaux, jusqu’où serait-il capable d’aller ? Bravant les remous et les différents obstacles, quel serait son périple ? Voici un album qui tente de répondre poétiquement à ces questions. A la fin de l’histoire, le livre vous donne les instructions pour réaliser votre propre bateau et vous donne ainsi l’opportunité de tenter l’aventure !
Une recommandation d’Aloys
Vous trouverez ce titre dans notre rayon Albums à la cote I (vert).
« Proust. Avant, ce nom mythique était pour elle comme celui de certaines villes – Capri, Saint-Pétersbourg… – où il était entendu qu’elle ne mettrait jamais les pieds. » Clara est coiffeuse dans une petite ville de Saône-et-Loire. Son quotidien, c’est une patronne mélancolique, un copain beau comme un prince de Disney, un chat qui ne se laisse pas caresser. Le temps passe au rythme des histoires du salon et des tubes diffusés par Nostalgie, jusqu’au jour où Clara rencontre l’homme qui va changer sa vie : Marcel Proust »
La vie de Clara va prendre un tournant inattendu lorsqu’un client oublie un exemplaire de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust dans son salon de coiffure. Ce simple oubli devient le point de départ d’une transformation intérieure profonde. C’est une ode à la lecture et à son pouvoir de métamorphose. Clara découvre Proust et, à travers lui, une nouvelle manière de voir le monde.
Le ton est léger mais profond, avec une écriture sensible et pleine d’humour. Il parle à tous ceux qui ont un jour été touchés par un livre au point d’en sortir changés. Les personnages secondaires sont attachants, et l’ambiance du salon de coiffure ajoute une touche de réalisme et de chaleur. La lecture de Proust l’amène à voir sa vie et la vie en général sous un autre angle. N’est-ce pas le plus beau cadeau qu’un livre puisse nous offrir ?
Cette sensibilité aux mots, à leur précision, leur musique, tout ce qui caractérise son coup de foudre pour cette œuvre et son auteur, a toujours été en elle. Ces dispositions n’avaient simplement pas d’objet jusque-là, comme une terre restée en friche, tant qu’elle n’avait pas ouvert ce livre. (Clara lit Proust, p.109)
Ce roman est souvent qualifié de feel-good littéraire, mais avec une vraie finesse. Il peut même donner envie de se plonger dans Proust, sans intimidation. Une belle passerelle entre littérature populaire et classique.